Le spécisme

Définitions
Le spécisme (ou espécisme) est à l'espèce ce que le racisme est à la race, et ce que le sexisme est au sexe : une discrimination basée sur l'espèce, presque toujours en faveur des membres de l'espèce humaine (Homo sapiens).
(David Olivier, 1992, In Cahiers antispécistes [en ligne], Qu'est-ce que le spécisme ?).

Le spécisme est donc tout simplement la discrimination basée sur l’appartenance d’espèce. Autrement dit, il consiste à accorder plus ou moins de considération au bien-être et à la souffrance des individus en fonction de l’espèce à laquelle ils appartiennent. ([...] il n’est pas clair que les espèces existent. Pour être tout à fait précis, il faudrait donc dire en fonction de l’espèce dans laquelle ils sont classés.) 
(François Jaquet, 2018, In L'Encyclopédie Philosophique [en ligne], Le spécisme).

D’un point de vue moral, on reconnaît aujourd’hui que le spécisme n’est pas défendable. Pas plus que des appartenances de « race », de sexe ou d’âge, l'appartenance d’espèce ne constitue un critère pertinent permettant de moins prendre en compte les intérêts de certain-e-s au bénéfice d’autres.

D’un point de vue social et politique, le spécisme désigne l'idéologie sur laquelle est fondée notre civilisation, qui considère que la vie et les intérêts des animaux peuvent être méprisés parce qu'ils sont d'une autre espèce que la nôtre.

3.jpg Le spécisme conduit à ne pas accorder du tout d’importance aux intérêts des animaux non humains, ou en tout cas à leur accorder bien moins d’importance par rapport à ceux des humains. Il conduit à les considérer comme des choses à notre service, et à faire d’eux des biens, des propriétés, des marchandises, utilisables à merci. Comme toute propriété, on peut faire d’eux ce qu’on veut : en user et abuser à notre gré.

La discrimination fondée sur l’espèce organise aussi notre utilisation des autres animaux (les animaux de compagnie ou les animaux d’élevage, par exemple) d’une façon également arbitraire, qui conduit par exemple à manger « du » cochon mais pas « du » chien.

En général, les partisan-e-s du spécisme avancent que les humains possèderaient, et eux seuls, certaines capacités mentales prétendument pertinentes. Or, comme le montre notre section éthologie, aucun critère n'inclut tous les humains et n’exclut tous les animaux. Les animaux possèdent à des degrés divers la raison, une intelligence, une vie sociale, une pensée abstraite, une conscience de soi, font preuve d’empathie...Inversement, certains humains ne possèdent pas ou plus ces capacités : les nouveaux-nés, certaines personnes souffrant de handicaps mentaux profonds, les gens plongés dans un coma irréversible...Et nous ne transformons pas pour autant – fort heureusement ! – les bébés humains en saucisses ni les handicapés lourds en matériel de laboratoire. Et effectivement, l’intelligence ou la raison, quelles que soient la façon dont on les définit, n’impliquent rien d’un point de vue éthique : on ne doit pas moins prendre en compte les intérêts de celles et ceux que nous jugeons moins intelligent-e-s. Ces critères sont en fait des prétextes servant à justifier a posteriori la discrimination spéciste.

Dès lors qu’un animal est sensible, « sentient », qu’il ressent des émotions, des sensations, des perceptions, que ce qui lui arrive lui importe, nous ne pouvons pas l’exclure de notre champ de considération morale.

Le spécisme est indéfendable car les humains ne sont pas les seuls à ressentir des émotions et pour cette raison nous devons respecter la vie et les intérêts des autres êtres sensibles qui partagent cette planète.

Des injustices du passé ont été abolies ou réduites, comme l’esclavage ou le statut inférieur assigné aux femmes. Elles aussi étaient ancrées dans la conscience collective au point qu‘on les croyait éternelles. Mais l‘histoire a montré le contraire. On peut facilement imaginer qu‘un jour les abattoirs seront considérés comme un symbole de barbarie. Nous sommes de plus en plus nombreuses et nombreux à refuser l‘injustice envers les animaux, qui devient l‘un des débats de société les plus importants de notre siècle.

C'est parce que PEA, comme son nom l'indique, est égalitariste et souhaite l'avènement d'un monde où les intérêts de tous les êtres sensibles sont pris en compte, que l'association participe à la JMFS - Journée Mondiale pour la Fin du Spécisme (en anglais WoDES - World Day for the End of Speciesism), qui dénonce l'idéologie injuste rendant possible cette barbarie que constitue l'exploitation animale. Les illustrations de ce texte sont des photographies de la première Marche pour la fin du spécisme, en 2015, ici à Genève.


Nous vous invitons à découvrir le site de la JMFS, qui contient, par exemple, une bibliothèque de liens utiles (vidéos, articles, sites web), mais aussi du matériel militant et d'information (tracts, bandeaux, etc.), ainsi qu'une très bonne Foire aux questions (FAQ).

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